Portugal : le monopole des jeux d’argents en ligne comme solution à la crise ?

Le mois de novembre dernier, le gouvernement portugais a fait une première tentative pour réguler les jeux d’argent en ligne, une tentative qui était vaine. Malgré ce récent échec, il ne pense pas abandonner son projet de faire une mainmise sur ce secteur. Actuellement, ses membres planchent sur une législation de monopole. Les détails.
Le monopole sera sans poker
Comme le voisin espagnol, le Portugal envisage d’accroître son économie en étendant sa mainmise sur les jeux d’argent. Mais malheureusement pour lui, il n’a reçu aucune proposition de mégaprojets du genre Eurovegas et Barcelona World. Si Eurovegas était pour Lisbonne, le gouvernement espagnol n’aurait pas attendu longtemps pour se soumettre aux exigences de Sheldon Adelson. Mais on n’est pas là pour reparler de cette affaire.
Le Publico, l’un des plus grands quotidiens du Portugal, a révélé l’existence d’un protocole d’accord dans lequel sont contenus les changements souhaités par le gouvernement local. Ce protocole est actuellement analysé par la troïka composée de la commission européenne, de la banque centrale européenne et le fonds monétaire international. Il a une plus grande chance d’être accepté. En effet, les dispositions qui y sont contenues visent la croissance économique du pays, une croissance freinée depuis 2008, début de la crise financière.
Les contenus du protocole ont été gardés secrets par Le Publico. Cela n’empêche toutefois pas de laisser filer certaines informations. Selon des rumeurs qui courent actuellement, le gouvernement portugais envisage la mise en place d’un monopole de jeux en ligne. Et dans un texte préparé il y a quelques mois par le Parti Social Démocrate du Portugal (PSD) et le Parti du Peuple (CDS), les jeux de casino en ligne et les paris sportifs seront le monopole de la Santa Casa da Misericórdia (SCML) et les paris hippiques seront placés sous le contrôle d’un organisme rattaché au ministère de l’Économie. Jusqu’à maintenant, selon les propos d’un haut responsable de la SCML, ce monopole pourrait ne pas inclure le poker.
Un projet qui enregistre déjà plusieurs détracteurs
Un tel projet de monopole ne tarde pas à attirer les critiques. Depuis la publication la révélation faite par Le Publico, les opérateurs locaux n’ont cessé de hausser le ton. Pour eux, le marché demande actuellement de l’ouverture. Ainsi, « Un monopole n’est pas en phase avec la réalité » a dit le secrétaire général de l’European Gaming and Betting Association (EGBA) Maarten Haijer interrogé récemment par un journaliste d’un quotidien local avant de continuer qu’il s’agir de la « pire manière possible de restreindre la liberté des opérateurs de proposer des services et pour les consommateurs de choisir ce qui leur convient le mieux ». Maarten Haijer semble avoir raison si l’on se réfère aux pays européens qui ont opté récemment pour cette approche en ne citant que l’Espagne et la Grèce. Ses propos risquent toutefois de ne pas être considérés par le gouvernement espagnol, un gouvernement prêt à ne plus fléchir face à ses opposants.